Si la presse française salue unanimement, jeudi 30 juin, la libération d'Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, elle s'interroge néanmoins sur les méthodes employées.
"Nul besoin d'en savoir le détail : il y eut un prix à payer, c'est sûr, politique, financier ou militaire. Puisque telle est la capacité de nuisance des preneurs d'otages", assure Dominique Quinio dans La Croix, rappelant qu'"on ne peut oublier les autres otages retenus au Mali, au Yémen ou ailleurs : travailleurs humanitaires, salariés expatriés, et leurs accompagnateurs locaux".
ÉVENTUELLE RANÇON

A propos du versement d'une éventuelle rançon, Nicolas Demorand dans Libération s'interroge : "Si tel était le prix de la liberté ?" et ajoute qu'il faut continuer d'envoyer des journalistes couvrir de tels événements "car il en va du bon fonctionnement de la démocratie".
Pour Yves Harté de Sud-Ouest, "ce serait une étonnante cécité que d'imaginer que, dans l'histoire, des hommes et des femmes n'ont jamais été prisonniers afin d'être revendus ou jugés à leur valeur monnayable".
DÉPART DES TROUPES FRANÇAISES
Dans La République des Pyrénées, Jean-Michel Helvig estime que "l'annonce du départ des troupes françaises d'Afghanistan a sans doute facilité la libération de Ghesquière et Taponier, même si elle résulte d'un choix de politique étrangère indépendant de leur sort".
"La mort de Ben Laden et l'initiative de contacts avec les talibans modérés a dû jouer", note Chantal Didier dans L'Est républicain. "Les revendications auraient pu en rester à une question d'argent, sur laquelle les exigences ont progressivement grimpé, mais elles furent également politiques, notamment à travers la demande de libération de certains commandants talibans", précise dans le même quotidien Sébastien Michaux.

POLÉMIQUE AVEC CLAUDE GUÉANT
La polémique avec le pouvoir politique au début de la prise d'otage retient également l'attention de certains éditorialistes. "Par respect pour Hervé et Stéphane", écrit Rolland Martinez dans La Marseillaise, "nous ne passerons pas sous silence les tergiversations, mensonges et calculs honteux des plus hautes autorités de l'Etat. Nous n'oublierons pas Claude Guéant dénonçant 'l'imprudence vraiment coupable'."
Enfin, selon Jacques Camus, de La République du Centre, "à travers leur enlèvement, c'est la liberté d'information qui était menacée".