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PEKIN, "UN CAUHCEMAR PERMANENT" DENONCE PAR L'ARTISTE AI WEIWEI
30 août 2011
L'artiste chinois Ai Weiwei s'est livré à sa première attaque en règle contre le gouvernement chinois depuis sa libération de prison fin juin, accusant les autorités de priver la population de ses droits fondamentaux.

Dans un texte publié dimanche soir sur le site Internet de l'hebdomadaire Newsweek, le dissident, dont la détention avait soulevé un tollé international, décrit notamment Pékin comme une "ville de violence", un "cauchemar permanent" qui broie les pauvres et aliène ses habitants.

"Pékin est constituée de deux villes. L'une est formée de pouvoir et d'argent. Des gens qui se fichent de leurs voisins ; qui ne vous font pas confiance. L'autre ville est celle du désespoir. Je vois des gens dans les autobus et je ne vois aucun espoir dans leurs yeux", confie Ai Weiwei.

Dans cette capitale "en perpétuel changement", où toute mémoire est effacée et où il devient impossible de se raccrocher à quelque chose, les responsables "nous privent des droits fondamentaux", constate le plasticien, devenu la bête noire des autorités pour avoir trop souvent tenu ce genre de propos.

"Chaque année des millions [de migrants] affluent à Pékin pour y construire ses ponts, ses routes, ses habitations. Chaque année ils édifient à Pékin une surface équivalente à la ville en 1949. Ce sont les esclaves de Pékin. Ils squattent dans des structures illégales, que Pékin détruit au fur et à mesure de son avancée. A qui appartiennent ces habitations ? Aux membres du gouvernement, aux magnats de l'industrie du charbon, à des dirigeants de grandes entreprises." A Pékin "vous verrez les écoles de migrants que l'on ferme. Vous verrez les hôpitaux où l'on pose des points de suture à des patients, à qui on les retire aussitôt en se rendant compte qu'ils n'ont pas d'argent", écrit Ai Weiwei.

"BEAUCOUP D'ENDROITS CACHÉS"

D'après les conditions fixées à sa libération, Ai, qui a 54 ans, n'est pas autorisé à donner des interviews ni à rencontrer des étrangers, ni à utiliser Internet. Malgré tout, l'artiste s'est exprimé sur son compte Twitter en faveur de dissidents emprisonnés, qui ont été remis en liberté depuis lors. Lui-même a été détenu au secret de début avril à fin juin. Il vit depuis sous surveillance, sans pouvoir quitter Pékin.

Dans Newsweek, l'artiste évoque l'"épreuve" subie. "Il y a beaucoup d'endroits cachés où ils mettent les personnes sans identité. Sans nom, seulement un numéro". "Seule votre famille hurle que vous êtes manquant. Mais vous n'obtiendrez aucune réponse des communautés de quartier ou des responsables ou même, aux niveaux plus élevés, du tribunal, de la police ou encore du président".

Les autorités chinoises ont affirmé qu'Ai Weiwei avait été libéré sous caution après avoir "confessé" des infractions d'évasion fiscale. Son arrestation est intervenue dans le contexte d'une répression majeure lancée en février par Pékin contre les dissidents et les militants des droits de l'homme.

Source : AP - Andy Wong
Poula-Poula - The webzine

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